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Franc suisse fort : impact sur les entreprises et stratégies en 2025-2026

Le franc suisse est-il encore fort en 2025-2026 ? Données EUR/CHF actualisées, impact sur les exportateurs et entreprises tessinoises avec clients italiens, politique BNS et stratégies pratiques.

par Team Fidav 16 juillet 2025 5 min de lecture
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CORPS DE L'ARTICLE

Franc suisse fort : impact sur les entreprises et stratégies en 2025-2026

En résumé. En 2025, le franc suisse est resté fort par rapport à l'euro, avec un cours EUR/CHF moyen d'environ 0,9274 (source BCE). Nous ne sommes pas aux niveaux extrêmes de 2015 (parité) ou de 2022, mais la pression sur les exportateurs est bien là. La BNS a abaissé le taux directeur à 0% en juin 2025 et s'est déclarée prête à intervenir sur le marché des changes. Pour les entreprises tessinoises avec clients ou fournisseurs italiens, le change est une variable qui pèse concrètement sur les marges — et qui se gère avec méthode, pas à l'intuition.

Le franc en 2025 : fort, mais pas extrême

Partons des chiffres réels, car le débat sur le « franc fort » exagère souvent dans un sens ou dans l'autre.

Les données BCE sur l'EUR/CHF racontent cette histoire :

PériodeEUR/CHF
Moyenne 20240,9527
Maximum 2024 (24 mai)0,9932
Minimum 2024 (3 janvier)0,9275
Moyenne 20250,9274
Maximum 2025 (11 août)0,9430
Mai 2026~0,9131 (source BNS)

En pratique : en 2024, l'euro est presque arrivé à la parité avec le franc (0,9932 en mai), puis s'est de nouveau affaibli. En 2025, la moyenne est descendue à 0,9274. En 2026, nous nous situons autour de 0,91.

Pour mettre en perspective : en janvier 2015, lorsque la BNS a abandonné le cours plancher EUR/CHF, le franc a touché la parité 1,00. En 2022, nous étions encore autour de 0,975. Aujourd'hui, nous sommes à 0,91 — le franc est fort, mais ce n'est pas un choc historique comme ceux-là.

Il existe aussi une autre lecture, soutenue par le SECO : le franc réel (déduction faite de l'écart d'inflation) est plus faible que ne le suggère le cours nominal. De 2015 à 2025, le franc nominal s'est apprécié d'environ 20% face au dollar, mais l'inflation aux États-Unis (+35%) a été bien supérieure à celle de la Suisse (+8%), ce qui érode en partie l'avantage compétitif du change pour les producteurs suisses. Cela ne signifie pas que le problème n'existe pas, mais qu'il doit être lu correctement.

Ce qu'a fait la BNS

La Banque nationale suisse a effectué six baisses consécutives du taux directeur entre 2024 et 2025 :

  • Mars 2024 : première baisse
  • Juin, septembre, décembre 2024 : trois baisses supplémentaires
  • Mars 2025 : cinquième baisse
  • 19 juin 2025 : sixième baisse, taux à 0,0%
  • 25 septembre 2025 : taux maintenu à 0%

Le cycle de baisses est donc terminé. 0% représente la limite inférieure pratique : descendre en territoire négatif aurait des effets indésirables sur les épargnants et les caisses de pension, comme déjà expérimenté précédemment.

La BNS prévoit une inflation de 0,2% pour 2025 et de 0,5% pour 2026, avec une croissance du PIB entre 1 et 1,5%. Elle s'est déclarée disposée à agir sur le marché des changes si la situation l'exigeait — mais l'intervention directe reste un outil extraordinaire, non ordinaire.

Qui souffre et qui en profite

La force du franc n'est pas la même pour tout le monde. Elle a des effets opposés selon la position de l'entreprise :

Souffrent :

  • Exportateurs : ceux qui facturent en euros ou en dollars reçoivent moins de francs pour chaque unité vendue. L'industrie horlogère est l'exemple le plus cité : les exportations de montres suisses ont reculé de 1,7% en 2025 (25,6 milliards de CHF au total), avec des baisses marquées vers la Chine et Hong Kong (-3,8%). L'industrie des machines (Swissmem) signale des commandes en baisse. La construction souffre sur plusieurs fronts.
  • Tourisme européen : la Suisse devient plus chère pour les touristes venant de la zone euro. Les nuitées des touristes européens montrent des signes de faiblesse.

Bénéficient :

  • Importateurs : qui achète des biens ou services à l'étranger (Italie, Allemagne, France…) dépense moins de francs pour les mêmes euros.
  • Entreprises avec coûts en euros : fournisseurs étrangers, loyers en Italie, matières premières européennes — tout coûte moins.
  • Touristes hors zone euro : Américains et Asiatiques trouvent la Suisse plus accessible lorsque le dollar ou le yen sont forts face au franc.

Focus Tessin : le change avec l'Italie

Pour les entreprises tessinoises, la question EUR/CHF est concrète et quotidienne, car beaucoup travaillent avec des clients ou fournisseurs italiens.

Qui exporte vers l'Italie et facture en euros : avec un EUR/CHF à environ 0,91, chaque euro encaissé vaut 0,91 CHF. Lorsque le cours était proche de la parité (0,99 en mai 2024), le même euro valait 0,99 CHF. La différence est d'environ 8 centimes par euro — soit 8% de revenu CHF en moins pour le même volume facturé, à prix en euros égaux. Sur des volumes significatifs, c'est un impact non négligeable sur les marges.

Qui importe depuis l'Italie et paie en euros : le raisonnement est inverse. Chaque euro versé coûte moins de francs qu'il y a un an. Les fournisseurs italiens sont en effet devenus moins chers.

Les frontaliers restent l'une des catégories qui bénéficient structurellement du franc fort : ils gagnent en CHF et dépensent en grande partie en Italie, où les coûts en euros sont plus bas par rapport au pouvoir d'achat de leur salaire suisse.

Le tourisme italien au Tessin souffre en revanche : le Tessin est perçu comme cher par les touristes italiens, qui trouvent plus avantageuse une destination nationale ou d'autres destinations européennes.

Stratégies pratiques pour les PME exposées au risque de change

Qui a une part significative d'export ou d'import en devises étrangères ne peut pas se permettre d'ignorer le risque de change. Selon Credit Suisse (aujourd'hui UBS), les stratégies les plus utilisées par les PME suisses sont :

Couverture financière :

  • Opérations à terme (forward) : on fixe aujourd'hui le cours auquel on vendra ou achètera de la devise à l'avenir, ce qui élimine l'incertitude sur un horizon de 3 à 12 mois.
  • Participating forward : une variante qui conserve une certaine marge de manœuvre si le change évolue favorablement.
  • Achat de devises en stock : quand le change est favorable, certaines PME achètent de la devise étrangère en avance pour les sorties à venir.

Stratégies opérationnelles :

  • Tarifer en CHF quand c'est possible : le risque reste chez le client étranger, non chez la PME.
  • Prix dynamiques avec clause de change : contrats qui prévoient une révision automatique du prix si l'EUR/CHF sort d'une bande prédéfinie.
  • Diversifier les marchés : réduire la dépendance à la zone euro en augmentant la part d'export vers les États-Unis, l'Asie ou des marchés en devises différentes.
  • Localiser une partie de la production : avoir des coûts en euros (fournisseurs européens, production décentralisée) réduit naturellement l'exposition nette.

La règle d'or, rappelée par tous les experts, est la cohérence : définir une stratégie de couverture adaptée au profil de l'entreprise et l'appliquer systématiquement, ne pas réagir impulsivement à chaque mouvement de marché.

Comment nous vous aidons

Pour une PME tessinoise, le risque de change n'est pas seulement un problème de banque : c'est une donnée qui doit entrer dans la planification financière et la comptabilité. Savoir combien vaut vraiment le chiffre d'affaires en euros, comment se comportent les marges quand le change varie et comment construire un budget qui tienne compte de l'incertitude de change — autant de questions qui trouvent réponse à partir d'une comptabilité bien tenue et d'une planification financière rigoureuse.

Fidav accompagne les PME du Tessin dans la gestion de la comptabilité et le conseil financier et sociétaire, avec une attention concrète aux spécificités du territoire frontalier. Approfondissez notre comptabilité et administration financière et le conseil aux sociétés et stratégique.

Vous avez des questions sur l'impact du change sur votre entreprise ? Écrivez-nous sur WhatsApp au +41 79 741 02 89 ou appelez le +41 91 640 40 20.

FAQ (visibles sur la page + schéma FAQPage ci-dessus)

Le franc suisse est-il encore fort en 2026 ? Oui, mais pas aux niveaux extrêmes de 2015 (parité EUR/CHF 1,00) ou de 2022. Le cours moyen EUR/CHF en 2025 a été d'environ 0,9274 (source BCE), avec une valeur de mai 2026 autour de 0,91. La BNS a porté le taux directeur à 0% en juin 2025, avec disponibilité à agir sur le marché des changes si nécessaire.

Quels secteurs suisses souffrent le plus du franc fort ? Les secteurs les plus exposés sont ceux avec une forte part d'export : l'industrie horlogère a enregistré une baisse d'export de 1,7% en 2025, le secteur des machines et de l'électrotechnique souffre de commandes en baisse, et le tourisme européen est touché par une Suisse plus chère. À l'inverse, les importateurs et les entreprises avec des coûts en euros profitent du franc fort.

Qu'a fait la BNS pour gérer la force du franc en 2025 ? La BNS a effectué six baisses consécutives du taux directeur entre 2024 et 2025, le portant à 0,0% le 19 juin 2025, où il est resté lors de la réunion du 25 septembre 2025. La BNS prévoit une inflation à 0,5% pour 2026 et s'est déclarée disposée à agir sur le marché des changes si nécessaire.

Comment le franc fort impacte-t-il les entreprises tessinoises avec clients italiens ? Qui exporte vers l'Italie et facture en euros reçoit moins de francs par euro encaissé qu'aux pics de 2024. Avec un EUR/CHF à environ 0,91 vs 0,99 en mai 2024, la différence est d'environ 8 centimes par euro : 8% de revenu CHF en moins pour le même volume facturé. Qui achète chez des fournisseurs italiens profite en revanche du change favorable.

Comment une PME suisse se protège-t-elle du risque de change ? Les principales stratégies sont : opérations à terme pour couvrir les flux d'export prévus, tarification en CHF pour transférer le risque au client étranger, diversification des marchés vers des zones non euro, et achat de devises étrangères quand le cours est favorable. La clé est la cohérence : définir une stratégie de couverture et l'appliquer systématiquement.

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